Les mythes

Le mythe est un récit qui est situé « au commencement », c’est-à-dire hors du temps historique, et qui vise à expliquer ce qui est expérimenté dans l'histoire. En quelque sorte, il s'agit d'une réflexion de type philosophique ou religieuse en forme narrative à propos du monde et de l'être humain dans leurs fondements.

Bible et violence

La Bible a une méchante réputation de violence. L’Ancien Testament en tout cas. À en croire certains, le sang y coulerait à chaque page. Essentiellement juge et guerrier, son Dieu ne serait pas vraiment fréquentable. À l’inverse, l’Évangile porterait un message de paix et de réconciliation universelles, davantage en accord avec l’image de Dieu révélée en Jésus. En réalité, les choses ne sont pas si tranchées. Le premier Testament a des chapitres d’une douceur étonnante, tandis que le Nouveau ne manque pas de textes durs, même dans les évangiles. Et s’il y a bien un livre biblique dont les pages sont jonchées des victimes de la violence des hommes et surtout de Dieu, c’est l’Apocalypse de saint Jean, le point d’orgue du Nouveau Testament.

Sacrée sainte famille ! Brèves considérations sur la famille dans la Bible

Dans le monde catholique, la « Sainte famille », celle de Jésus, a longtemps été donnée en exemple. Et pourtant : une mère vierge, un père putatif (c’est-à-dire dont on pense qu’il est le père, bien qu’il n’en soit rien), un fils unique qui, pourtant célibataire, abandonne sa mère veuve pour courir les chemins de Palestine… on est presque aux antipodes du modèle de famille prôné plus ou moins explicitement dans le monde catholique. Ce modèle, du reste, peut difficilement se revendiquer de la Bible. Même le Nouveau Testament ne propose pas de discours unifié et normatif à ce sujet. Quant au premier Testament, les configurations familiales qu’on y trouve sont parfois surprenantes : polygamie, mariages endogames, introduction de servantes mères porteuses dans un couple stérile, femmes répudiées, conflits fraternels sanglants, déchirements durables. C’est que l’Ancien Testament n’a rien d’une galerie de modèles. Il est plutôt un livre où se reflète la réalité humaine, comme s’il s’agissait d’inviter le lecteur à la réflexion.

Abandonner ou honorer père et mère ?

La première fois qu’il est question de « père et mère » dans la Bible, c’est dans un curieux passage : le narrateur laisse un moment le récit de l’histoire d’Adam et Ève pour ouvrir une sorte de parenthèse où il affirme : « l’homme abandonnera son père et sa mère et s’attachera à sa femme… » (Genèse 2,24). Plus loin, au cœur même de la Loi, l’unique précepte entièrement positif du Décalogue prescrira : « Honore ton père et ta mère » (Exode 20,12). N’y a-t-il pas là une contradiction, un illogisme du moins ? Faut-il « abandonner » père et mère ou les « honorer » ?

La terre est un don

Même si l’homme contemporain n’adhère plus à la lecture croyante qui perçoit dans la terre un don de Dieu, il ne peut pas ne pas savoir que, peu ou prou, la terre est ce que la Bible appelle un « héritage » collectif qu’une génération reçoit de la précédente et qu’elle devra céder à ceux qui suivent. Donnée à tous, elle n’appartient à personne, ni elle ni ses fruits. Équitablement partagée, elle garantira la liberté et la dignité de tous ; soigneusement préservée, elle fera vivre les générations futures.

Actualité des mythes

Relire les récits mythiques de Genèse 1-11. Ces récits mythiques font partie de notre culture. Loin d'être infantiles, ils disent la façon dont le peuple d'Israël a reçu le sens de la vie des hommes ; ils traitent en particulier de la manière de vivre la violence. Vient-elle de Dieu ? Est-ce la vengeance d'un Dieu jaloux du savoir, de l'unité, de la technique des humains ? Quel est ce Dieu qui rêve de détruire l'homme et le monde ? Quel est cet humain « à l'image de Dieu » ? Est-ce une justification de la domination sans freins de l'homme sur la nature ?