Version imprimableSend by email

Chères enseignantes, chers enseignants du cours de religion catholique, de la Fédération Wallonie-Bruxelles,

Nous sommes à la veille des élections et, comme vous avez pu le percevoir dans les médias, les cours philosophiques font à nouveau débat et les programmes des partis envisagent différentes hypothèses pour l’avenir de nos cours. Peut-être avez-vous entendu également parler du décret « Titres et fonctions » qui a fait l’objet d’un accord pour les autres disciplines, mais qui est en suspens pour les cours de religion. Les chefs des cultes s’étaient mis d’accord pour faire en sorte que les cours de religion soient, avec leur spécificité propre, des cours à part entière. Cela signifie, entre autres, qu’il faut adopter pour ceux-ci un référentiel de compétences et une liste de titres et fonctions ayant les mêmes exigences que celles demandées pour les autres cours, tant sur le plan pédagogique que sur le plan de la formation théologique. Un groupe technique regroupant des représentants des cultes, des syndicats, des pouvoirs organisateurs et de l’administration  s’est mis d’accord et a soumis, en même temps que les autres disciplines, un projet au monde politique pour qu’il soit traduit dans un texte décrétal. Si les choses avancent pour l’ensemble des disciplines, y compris pour le cours de morale, les cours de religion quant à eux font l’objet d’une discrimination : la proposition de décret concernant les titres et fonctions des cours de religion n’a pas passé le cap du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Si cette situation est regrettable pour la valorisation des cours philosophiques, elle n’est pas catastrophique dans le sens où l’ancienne liste des titres et fonctions reste la référence. Il n’y a donc pas de changement pour les enseignants en place ou en formation. 

Il me semble important que chacun prenne conscience des enjeux liés à ces débats sur l’avenir de nos cours et les conséquences que cela entraînerait pour les jeunes et la société. 

Les jeunes ont besoin d’être accueillis et accompagnés dans leur recherche de sens, d’être amenés à développer toutes les dimensions de leur personne, dont les dimensions affectives, émotionnelles, intellectuelles et spirituelles.

Nous sommes nombreux à nous opposer à l’idée que les convictions philosophiques et religieuses ne concerneraient que la vie privée. Nous restons donc convaincus que les religions ont leur place à l’école et qu’une prise en compte adéquate de celles-ci permet d’éviter le développement de communautarismes, voire d’intégrismes qui menaceraient la cohésion sociale. Nos cours  restent tout à la fois des lieux  d’éducation au religieux et du religieux. 

Beaucoup d’élèves apprécient les deux heures d’expression, de réflexion, d’écoute et de dialogue que constituent les cours de morale ou de religion. 

L’orientation actuelle de notre cours permet l’acquisition de compétences bien définies et transparentes. Il n’a rien à voir avec un programme d’endoctrinement, mais, au contraire, il vise à renforcer les capacités critiques et la liberté des élèves et il collabore ainsi, avec les autres cours, à en faire des citoyens responsables.

Votre travail n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur, alors qu’il remplit un rôle essentiel pour le développement intégral des élèves, bien au-delà d’une vision utilitariste et économique. Cela fait de vous des enseignants à part entière et justifie pleinement votre place aux côté des autres acteurs de l’école. Vous n’en serez jamais assez remerciés. La qualité de votre cours reste le meilleur argument de sa défense. Chacun d’entre vous peut jouer un rôle  pour dessiner l’avenir, par sa manière de communiquer sur son travail et sur les enjeux qu’il permet de rencontrer. Nous faisons le pari qu’ensemble nous pouvons nous orienter vers un avenir porteur d’espérance.

 

+ Guy Harpigny,

Évêque de Tournai

Evêque référendaire pour le cours de religion catholique