Peut-on apprendre à aimer ?

Un entretien avec Catherine Ben Saïd, psychanalyste et Jean-Yves Leloup théologien autour de la question : « Peut-on apprendre à aimer ? »

L'échelle des états amoureux

Au départ, nous avons tous été un nourrisson assoiffé de l'amour nourricier de sa mère, à 100% dépendant d'elle. Cette dimension demeurera le noyau de tout amour. En rester là nous riverait cependant à notre animalité. L'érotisme et la passion viennent alléger cette pesanteur... mais sans combler le manque ni l'égoïsme. L'irruption de la tendresse est nécessaire pour que l'autre devienne sujet, première des nombreuses étapes menant finalement à l'amour inconditionnel de l'humain accompli - que certains appelleraient « christique », ou d'autres « bouddhiques ».

Les métamorphoses de l'échelle amoureuse

Dans le fouillis de nos sentiments, Jean-Yves Leloup distingue l'amour du bébé, qui « mange » sa mère, de l'érotisme, qui donne des ailes à la gourmandise. mais Éros reste rivé au manque. Il se sublime en philantropie et, plus tard, en don inconditionnel : l'Agapé. Deux phrases donnent le ton de cet entretien avec un prêtre orthodoxe fort peu conformiste : « Un vrai mariage est une alliance entre deux confiances, deux libertés » ; et « Jésus a une préférence pour Jean, mais il aime autant Judas. Être fidèle à ses préférences n'exclut personne. »