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La Bible, elle se raconte ! est un guide pour apprendre à conter et raconter la bible au plus près du texte. Il propose pour cela une trentaine de textes bibliques accompagnés de récits et de documents iconographiques, et des outils pour se former à l'art du conte et du récit. Cet ouvrage a été réalisé par Cécile Turiot et Isabelle Lessent et édité au Sénevé. Très didactique. Le but de ce livre est d'initier à l'art de raconter la Bible au plus près du texte biblique. De nombreux passages des Écritures sont ainsi proposés en récits pour vous permettre de vous lancer à votre tour dans la pratique du récit biblique.

Cécile Turiot & Isabelle Lessent (2010), La Bible, elle se raconte !, le Sénevé, Paris.


Les notes qui suivent s'inspirent de ce livre.

Après avoir analysé le texte en profondeur, comment travailler le récit biblique à la manière d’un conte ?

Préparation

Découper le récit en scènes, en chapitres.

Qu’allez-vous volontairement omettre ? C’est inutile à l’intrigue, cela alourdit le récit, ce n’est pas nécessaire pour accéder au sens du texte.

Qu’allez-vous amplifier ? C’est un moment capital, c’est passionnant, amusant ? Cela permet de cerner le sens que vous ciblez… Dans les deux cas, soyez prudents !

Donnez du rythme, en scandant une même phrase (comme dans la plupart des contes). « Mais Élie n’avait toujours pas compris ce que le Seigneur attendait de lui. »

Vos personnages, comment allez-vous les décrire ? Leur attitude, leurs vêtements ? Leur accent ? Les voulez-vous sympathiques ? Antipathiques ? Comment allez-vous provoquer ces sentiments chez l’auditeur ?

Des phrases clés, incontournables ou impossibles à modifier peuvent être retranscrites telles quelles pour les citer lorsqu’on raconte.

La narration peut se faire en externe, en interne, partir du point de vue d’un personnage. Ce personnage n’est pas obligatoirement le personnage principal (un témoin de la scène, qui s’interroge, voire interroge parfois le public, pourquoi pas ?).

Quel sens donnez-vous aux symboles ? Comment allez-vous y éveiller sans enfermer dans l’univocité ? (Par une question, par une proposition : « le feu était dans le buisson, mais il ne le consumait pas. Un peu comme s’il ne lui voulait aucun mal. » ou encore une évocation ? « C’était un feu, un peu comme une cheminée allumée après une journée froide d’hiver, oh ! pas un incendie qui ravage tout ! Plutôt de belles flammes qui rassurent et revigorent. »

Se faire un aide-mémoire qui ne soit pas un texte à lire.

Au travers de l’histoire, on devrait percevoir que Dieu agit : quelle bonne nouvelle est annoncée ?

Comment allez-vous suggérer des liens avec l’aujourd’hui sans dénaturer l’histoire ?

 

Le visuel

Il peut soutenir l’attention, mais pas l’attirer à lui.

Il peut évoquer, mais ne pas tuer l’imagination. L’auditeur s’imagine la scène dans sa tête, il ne faut pas lui substituer la nôtre.

Il peut montrer une cohérence, un fil rouge (plusieurs scènes au même endroit ? les mêmes mouvements ? ou justement une opposition radicale : tournez votre visuel coté au verso !)

Jouez avec les couleurs (le vert pour la maladie, le jaune pour la joie, le rouge ambigu de l’amour et du sang…)

Si vous utilisez une œuvre d’art comment ne pas s’y arrêter trop longuement et pourtant y voir l’essentiel ?

 

Au moment où l’on raconte

Se mettre en position adéquate pour raconter une histoire (au coin tapis ?).

Parler en ses propres mots.

Moduler sa voix.

Il faut parfois savoir se taire.

  1. Laisser les auditeurs emmagasiner les informations
  2. Laisser les auditeurs digérer les émotions
  3. Augmenter un suspense

 

Distinguer les questions réelles et les questions oratoires (les enfants ne le font pas toujours).

Savoir accueillir par un sourire, un « oui, c’est tout à fait cela ! » les réactions de l’auditoire sans s’arrêter pour autant.

Pourquoi ne pas utiliser les onomatopées, voire un ou deux bruitages ? À chacun son style.

 

Laurent Miller 2013-2014



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