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Une autre manière d'entendre les Béatitudes


Je n'ai jamais dit que les pauvres devaient rester pauvres. J'ai dit qu'en les pauvres était l'avenir du monde.

Je n'ai jamais dit qu'il y avait plus de bonheur à souffrir qu'à être heureux. Mais j'ai dit qu'on ne  pouvait naître qu'en passant le seuil infiniment douloureux de la mort.

Je n'ai jamais fait l'éloge des imbéciles. Mais j'ai distingué la connaissance de la vérité d'avec le savoir des choses vraies.

Je n'ai jamais fait l'éloge de la faiblesse. Mais j'ai fait connaître que la force véritable est étrangère à l'âpre désir du pouvoir.

Je n'ai jamais dit qu'il fallait s'avilir et s'humilier devant la cruauté et l'injustice. Mais j'ai dit qu'il fallait vaincre en soi la cruauté et l'injustice, jusqu'à ne pas se prévaloir de  son droit : ainsi peut-être brisé le cercle de la violence.

Je n'ai pas dit qu'il fallait, à la loi des gestes, ajouter celle des pensées aggravant ainsi le fardeau jusqu'à le rendre insupportable. Mais j'ai dit qu'avoir les gestes conformes sans avoir le coeur vrai, c'était hypocrisie et vanité.

Je n'ai jamais pensé que la peur, ou l'humiliation, ou la tristesse, ou le manque,pouvaient élever l'homme. Mais j'ai dit que ni la tristesse, ni le manque, ni l'humiliation, ni l'angoisse n'étaient pour l'homme condamnation. Je suis même allé jusqu'à dire que c'est chez les humiliés, les accablés, les frustrés, que c'est en ceux-là, quand se lève pour eux l'aurore, quand ils rentrent d'exil, quand ils passent la mer, en ceux-là qu'est l'avenir du monde.

 

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