L'être humain n'existe pas

La thèse que nous soutenons ici, selon laquelle « l’être humain n’existe pas », doit, en dehors de son aspect volontairement provocateur, être comprise ainsi : il est en définitive impossible d’établir un ou plusieurs critères qui soient à la fois nécessaires et suffisants pour définir ce qu’est un être humain. Dire que l’être humain n’existe pas, ce n’est donc pas nier l’existence réelle d’hommes ; c’est refuser l’univocité des concepts d’« être humain » et d’ « humanité ».

Religion et philosophie

On a suffisamment remarqué que la religion et la philosophie peuvent être rapprochées, notamment par les questions communes qu’elles se posent : celles de la place de l’homme dans la nature, du bien et du mal, et d’autres encore. En outre, quelques théologiens ont “emprunté” aux philosophes certains de leurs concepts et de leurs formes de raisonnement, comme saint Thomas d’Aquin à Aristote. La réciproque existe également, par exemple dans le concept philosophique de Dieu. Enfin, nombre de philosophes se sont réclamés ou se réclament d’une religion particulière. Ce sont là quelques unes des raisons de se demander si une philosophie peut être religieuse ou si une religion peut être philosophique. Bien que la réponse soit évidemment positive pour beaucoup, nous tenterons de montrer ici que la religion comme la philosophie ne peuvent que se perdre elles-mêmes, c’est-à-dire renoncer à ce qui les caractérise respectivement, dans une telle “union”.