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C'est la manière dont le Christ lui-même a mis en question le système de pureté de son temps, tant par ses gestes que ses paroles (« Il n'y a rien d'extérieur à l'homme qui puisse le rendre impur en pénétrant en lui, mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui le rend l'homme impur » Mc 7,15 et //; Jésus intériorise la question pur/impur), qui a inspiré les attitudes des premiers chrétiens, notamment le fameux « concile de Jérusalem ».

À ce moment, vers 49, l'option a été prise de ne pas obliger les helléno-chrétiens à suivre La Voie en pratiquant les rites juifs (circoncision, nourriture kacher...).

Ce qui a eu des répercussions jusqu'à nos jours.

 

Si nous pouvons tout manger dans notre société, c'est parce qu'aucun aliment n'est impur selon Jésus. De même, toute nourriture, quelle qu'elle soit, n'est l'objet d'aucun rituel de purification puisque l'impur sort du dedans de l'homme. (« Ce qui sort de l'homme, c'est cela qui rend l'homme impur. En effet, c'est de l'intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les intentions mauvaises, inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidité, perversités, ruse, débauche, envie, injures, vanité, déraison. Tout ce mal sort de l'homme et rend l'homme impur » Mc 7,21-22. Voir aussi Mt 12,33-37 ou des textes de Paul).

Il est à noter que Jésus ne dit pas que le cœur de l'homme est mauvais (quelle culpabilisation !), mais que c'est de notre cœur que sort ce qui est impur. Jésus oblige chacun à se regarder en face (cf. paille et poutre), à « faire le ménage » au sein de soi-même, ce qui est, permettez-moi l'expression, une autre paire de manches. Nous avons d'ailleurs besoin (de la parole) des autres, pour faire le ménage en soi-même. Et quelle tâche noble Jésus donne-t-il ainsi à chacun ! Freud a mis des mots sur tout cela...

De la même manière que nous avons besoin d'être nourri de la parole des autres pour avancer sur ce chemin de la VERITE A FAIRE en nous-mêmes (car c'est cela qui est en question derrière les paroles de Jésus), nous avons aussi besoin de la parole de Dieu (l'homme ne se nourrit pas seulement de pain) qui nous « juge » (elle nous oblige à faire la vérité en nous-mêmes, à reconnaître que nous ne pouvons juger les autres car nous allons toujours les « mesurer » à l'aune de nos critères, toujours déficients. Idée complexe à faire passer aujourd'hui), mais toujours avec bienveillance.


Le poisson le vendredi, est-ce encore une obligation ?

Ce que beaucoup tiennent à tort pour une obligation de manger du poisson le vendredi est en fait la traditionnelle abstinence de viande (considérée comme nourriture des jours de fête) que l’Eglise recommande aux fidèles les vendredis de carême en souvenir de la mort du Seigneur. L’important est de donner sens à cette privation volontaire qui ne vise pas la viande en tant que telle (Jésus déclarait purs tous les aliments, nous dit Mc 7,19) et qui pourrait tout aussi bien porter sur l’alcool, le tabac, voire la télévision. St Paul n’aime-t-il pas à rappeler que « le Règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture et de boisson » (Rm 14,17 ; Col 2,16) ?

Source : http://www.portstnicolas.org/article465

 

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