Grandir ensemble

L’équipe enseignement d’El Kalima a mis au point un outil pédagogique pour le cours de religion destiné aux professeurs de religion du fondamental des écoles catholiques à forte densité musulmane. Pistes d'activités, documentation permettant de faire dialoguer Bible et Coran, Islam et christianisme.

Abandonner ou honorer père et mère ?

La première fois qu’il est question de « père et mère » dans la Bible, c’est dans un curieux passage : le narrateur laisse un moment le récit de l’histoire d’Adam et Ève pour ouvrir une sorte de parenthèse où il affirme : « l’homme abandonnera son père et sa mère et s’attachera à sa femme… » (Genèse 2,24). Plus loin, au cœur même de la Loi, l’unique précepte entièrement positif du Décalogue prescrira : « Honore ton père et ta mère » (Exode 20,12). N’y a-t-il pas là une contradiction, un illogisme du moins ? Faut-il « abandonner » père et mère ou les « honorer » ?

L'enfant pour lui-même. L'enfant, un désir, un droit, un don ?

C'est un bien curieux paradoxe : l'enfant dont on fait aujourd'hui tellement cas, l'enfant qui est même parfois de manière excessive l'enfant-roi est devenu plus que jamais « l'objet » d'une revendication du couple comme le droit de posséder une maison ou une voiture. Jamais bien entendu le discours ambiant ne l'exprimera de façon si abrupte. Toujours, au contraire, on fera valoir le bonheur que l'on veut pour l'enfant et l'amour que l'on entend lui offrir. On s'insurgera même contre ceux qui prétendent interroger ce noble désir d'enfant. Il n'en reste pas moins que l'enfant appelé à devenir sujet se trouve toujours menacé par la volonté d'en faire un objet qui sert les fantasmes des adultes. Car la différence entre la place d'un objet et celle d'un sujet tient, au moins en partie, en ceci : que l'enfant tend plus facilement à occuper la place d'un objet quand il contribue à faire exister les adultes ; à l'inverse, que l'accueil d'un enfant comme sujet est facilité par le fait que les adultes comme couple existent, indépendamment de lui.